
C’est avec une profonde tristesse que la SPACQ-AE a appris le décès de Richard Grégoire, compositeur de renom et figure marquante de la musique de film et de télévision au Québec. Il s’est éteint le 10 décembre, à l’âge de 81 ans, laissant derrière lui une œuvre majeure qui a profondément marqué l’imaginaire collectif québécois.
Compositeur érudit et visionnaire, Richard Grégoire a effectué ses études à la Faculté de musique de l’Université de Montréal de 1963 à 1968, où il a étudié la composition auprès de Serge Garant. Grâce à une bourse du Conseil des arts du Canada, il a poursuivi sa formation à Paris en 1968, se spécialisant en musique électroacoustique au sein du Groupe de recherches musicales de l’ORTF sous la direction de Pierre Schaeffer, tout en approfondissant la composition avec Gilbert Amy.
De retour à Montréal en 1970, Richard Grégoire a œuvré comme arrangeur, orchestrateur et directeur musical dans de nombreux secteurs, allant du spectacle vivant à l’industrie du disque, en passant par la télévision et la publicité. Curieux des avancées technologiques, il a su intégrer les outils modernes à sa pratique musicale, devenant un précurseur dans l’utilisation des nouvelles technologies au service de la création sonore.
Au début des années 1980, il s’est consacré entièrement à la musique pour l’image, s’imposant rapidement comme l’un des compositeurs les plus influents du cinéma et de la télévision au Québec. Il a notamment collaboré avec des réalisateurs de premier plan tels que Yves Simoneau, Jean Beaudin, Charles Binamé et Robert Ménard, contribuant de manière significative à l’identité sonore de nombreuses œuvres marquantes.
En 1989, Richard Grégoire a connu un immense succès populaire grâce à la musique de la série télévisée Les Filles de Caleb, dont la trame sonore demeure à ce jour l’une des plus emblématiques de l’histoire de la télévision québécoise.
Son apport exceptionnel au milieu du cinéma a été reconnu en 2004, lorsqu’il a reçu le prix Jutra-Hommage (aujourd’hui prix Iris), soulignant l’ensemble de sa contribution à la production cinématographique québécoise. Depuis 2006, la Fondation de la SPACQ perpétue son héritage en remettant annuellement le prix Richard Grégoire, destiné à récompenser l’excellence en composition de musique à l’image.
« C’est avec beaucoup de peine que nous apprenons la mort de Richard Grégoire, un grand compositeur émérite mais avant tout un homme bon, doux, d’une grandeur d’âme exceptionnelle. Toutes mes pensées vont à Nicole sa conjointe adorée. » Diane Juster, fondatrice de la SPACQ et de la Fondation SPACQ.
Voici un extrait du texte qu’il a écrit en 2024 en recevant un hommage de ses pairs « nous ne sommes pas des machines à composer, nous sommes d’abord des personnes humaines avec des sentiments, des émotions, une histoire qui composons de la musique » Richard Grégoire.
L’an dernier, il recevait également le tout premier prix Montréal à l’image, présenté par la SPACQ-AE, soulignant une fois de plus l’importance et la portée de son œuvre au sein du paysage audiovisuel québécois.
« J’ai eu la chance de croiser à plusieurs reprises Richard Grégoire. Un être sensible et respectueux qui faisait ce métier d’artisan pour les bonnes raisons. Un talent indéniable. Pensées à ses proches. » Edgar Bori, Président du Conseil d’administration de la SPACQ-AE.
« Au nom de toute l’équipe de la SPACQ-AE, je tiens à souligner l’immense contribution de Richard Grégoire à la musique québécoise. Sa créativité, sa générosité et sa passion ont profondément marqué notre milieu et continueront d’inspirer des générations de créateurs et créatrices. Nous offrons nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.« Ariane Charbonneau, Directrice générale, SPACQ-AE.
Richard Grégoire laisse derrière lui une œuvre riche, exigeante et profondément ancrée dans la sensibilité québécoise, ainsi qu’un héritage durable qui continue d’inspirer les créateurs et créatrices d’aujourd’hui.
Au nom de la SPACQ-AE, de son équipe et de ses membres, nous offrons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses collaborateurs ainsi qu’à l’ensemble du milieu artistique touché par sa disparition.
Crédit photo Chadi Lebbos





