
Du 30 septembre au 4 octobre dernier se tenait à Victoria, en Colombie-Britannique, BreakOut West, un important rendez-vous de l’industrie musicale de l’Ouest canadien. Au cœur de l’événement se déroulait également le Volet francophone, chapeauté par la Société Chant’Ouest sous la gouverne d’Alexis Normand, dont la mission est notamment de créer des ponts entre la francophonie de l’Ouest et les milieux musicaux francophones du Canada, du Québec et de l’Europe.
La SPACQ-AE était présente cette année afin d’y proposer l’atelier« Percer au Québec sans perdre ses racines : stratégies pour artistes de la francophonie canadienne ». Mathieu Vezio, responsable des services aux membres de la SPACQ-AE, y était invité pour échanger autour des réalités des artistes francophones évoluant en situation minoritaire au Canada et souhaitant développer leur carrière ou faire découvrir leur œuvre au Québec.
Fort de son expérience comme musicien, auteur-compositeur-interprète et professionnel du milieu musical, Mathieu Vezio a abordé les défis et certains pièges qui peuvent accompagner une démarche vers le marché québécois, tout en présentant les ressources et l’accompagnement offerts par la SPACQ-AE.

L’atelier se voulait avant tout un espace d’échange et de réflexion. Dans une approche bienveillante et ouverte aux différentes réalités des francophonies canadiennes, Mathieu a également fait appel à plusieurs artistes d’expérience : Les Hay Babies (Julie Aubé et Katrine Noël), Willows (Gen Toupin), Ponteix (Mario Lepage) et Caroline Savoie. Par l’entremise de témoignages vidéo, chacun et chacune était invité à partager un conseil, une expérience ou un mot d’encouragement aux artistes présents. Ils ont également souligné leur désir de contribuer au développement artistique et social de leur région d’origine. Développer une carrière au Québec n’implique donc pas nécessairement de quitter sa communauté. Il peut aussi s’agir de créer des ponts entre les territoires.
Un mot est revenu comme un véritable fil conducteur à travers ces témoignages : l’identité.
Que l’on choisisse éventuellement de s’installer au Québec ou de poursuivre sa carrière à partir de sa province d’origine, l’importance de conserver ses racines, d’assumer son identité et d’embrasser ce qui nous distingue s’est imposée comme un message central. Plutôt que de chercher à se fondre dans la masse pour intégrer un nouveau marché, celles-ci peuvent devenir une force sur laquelle bâtir une démarche artistique plus authentique et durable.

Cette idée trouvait d’ailleurs un écho concret dans la programmation du Volet francophone. Une soirée de vitrines francophones et bilingues était notamment organisée en collaboration avec Homestead Records, réunissant Jocelyne Baribeau du Manitoba, Émilie Landry du Nouveau-Brunswick, Élodie Orsei de la Colombie-Britannique et Beau Nectar, projet lié à la Colombie-Britannique et à la Saskatchewan. Le programme officiel de BreakOut West confirme également la présence de plusieurs de ces artistes dans les vitrines générales du festival.
Le Volet francophone proposait par ailleurs plusieurs rencontres professionnelles et ateliers autour des réalités de l’industrie musicale. Parmi les personnes invitées figuraient notamment Emy Dehez de Live Nation Belgique, Steve Marcoux de Simone Records et du FME, Pascal Chauvet de la France ainsi que Vanessa Borduas. Les discussions abordaient entre autres la diffusion, le booking, l’autogestion, la gérance et les stratégies de lancement musical.
Intégré aux nombreuses vitrines anglophones de BreakOut West, ce volet représentait pour la SPACQ-AE une excellente occasion d’aller à la rencontre des artistes, des professionnel·les du milieu ainsi que des organismes et associations des provinces de l’Ouest, tout en poursuivant sa réflexion sur la place des artistes francophones à travers le pays.
Longue vie à Chant’Ouest, le Volet francophone de Breakout West.
La culture franco-canadienne est bel et bien présente, vivante et riche. Elle demeure toutefois fragilisée par l’immensité du territoire et l’éloignement entre les différentes communautés. Dans ce contexte, des événements rassembleurs comme celui-ci prennent tout leur sens : ils permettent de créer des liens, de partager des expériences et, surtout, de rappeler que la pluralité des identités francophones constitue une force à préserver et à célébrer.





