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18 mars 2026
La Francophonie à l’heure du positionnement juste : retour sur la rencontre du CORIM avec Louise Mushikiwabo

 

Le 17 mars 2026, la SPACQ‑AE assistait au rassemblement du Conseil des Relations Internationales de Montréal (CORIM), un repas / causerie qui accueillait Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ainsi que Mathieu Lacombe, ministre de la Culture et des Communications du Québec.
Le thème – « L’heure du positionnement juste : la Francophonie face au désordre mondial » – annonçait déjà une discussion lucide et stratégique. Elle le fut.

L’OIF comme catalyseur d’affaires francophones

Mme Mushikiwabo a rappelé le rôle croissant de l’OIF comme acteur économique et facilitateur de partenariats entre entreprises de l’espace francophone.
Selon les exemples exposés, l’OIF s’active déjà à connecter des entreprises d’Afrique, d’Asie-Pacifique et d’Europe, démontrant que la Francophonie n’est pas qu’un projet culturel : c’est un réseau économique en expansion.

La représentation de l’OIF pour les Amériques s’est engagée à mobiliser les entreprises québécoises et canadiennes en vue d’une mission économique en 2027, à laquelle plusieurs pays ont déjà exprimé leur intérêt.
Pour le Québec, cela signifie une occasion unique de renforcer sa présence dans un marché francophone jeune, vaste et dynamique.

Langue française : un nouveau rapport qui rebat les cartes

Le cœur de l’intervention de Mme Mushikiwabo portait sur un nouveau rapport méthodologique sur l’état de la langue française.
Ce rapport révise de manière rigoureuse le comptage mondial des francophones et projette environ 580 millions de locuteurs en 2050.

Mais cette projection n’est pas automatique :

  • elle exige des investissements massifs dans l’enseignement du français,
  • ainsi qu’un soutien accru aux États demandeurs, où la jeunesse constitue un potentiel déterminant.

Ce rappel fait écho aux préoccupations de nombreux acteurs culturels – dont la SPACQ‑AE – qui plaident depuis longtemps pour un renforcement des politiques d’éducation et de formation linguistique.

Un attrait mondial confirmé… et un besoin urgent de multilinguisme

Le débat a mis en lumière un fait souvent sous-estimé : le français demeure la deuxième langue la plus apprise dans le monde.
Cette demande internationale se reflète même dans l’intérêt de pays non francophones souhaitant rejoindre l’OIF.

Cependant, Mme Mushikiwabo a insisté sur une idée essentielle :

La promotion du français doit se penser dans une stratégie globale de multilinguisme, incluant la formation de traductrices et traducteurs et la circulation des contenus dans plusieurs langues.

Dans un monde où les plateformes numériques privilégient certains langages, cette approche est autant pragmatique que nécessaire.

Découvrabilité et souveraineté numérique : un enjeu pressant

Évidemment, la question de la découvrabilité des contenus francophones en ligne – sujet cher aux créatrices, créateurs et organismes culturels d’ici – a émergé avec force.
Des préoccupations claires ont été exprimées : comment assurer la visibilité des œuvres francophones dans un environnement dominé par l’anglais et par quelques grandes plateformes numériques ?

Mme Mushikiwabo a reconnu le défi structurel posé par la domination anglo‑saxonne et a appelé à un plaidoyer coordonné impliquant :

  • les États francophones,
  • les instances internationales,
  • et les grandes plateformes numériques (GAFAM).

Elle a également évoqué des initiatives de formation numérique destinées à la jeunesse, montrant que la Francophonie entend se positionner dans les secteurs stratégiques de demain.

Un engagement collectif qui résonne au Québec

En conclusion, les membres de la salle – incluant plusieurs représentantes et représentants du milieu culturel – ont exprimé leur volonté de contribuer activement à ce chantier, particulièrement sur les dossiers de :

  • la découvrabilité,
  • la souveraineté numérique,
  • et la présence internationale du français.

Pour la SPACQ‑AE, ces enjeux ne sont pas abstraits : ils touchent directement la capacité des autrices, auteurs, compositrices et compositeurs à vivre de leur art, à se faire découvrir et à rayonner dans l’univers numérique.

Ce que nous retenons pour la SPACQ‑AE

  • La Francophonie devient un levier économique réel : un espace d’affaires qui peut bénéficier à nos membres.
  • La question de l’enseignement du français et de la formation linguistique reste centrale pour l’avenir de notre écosystème culturel.
  • La bataille de la découvrabilité doit s’intensifier : la SPACQ‑AE y joue déjà un rôle et continuera de défendre la place des créatrices et créateurs francophones.
  • Le Québec a un rôle stratégique à assumer dans la grande mission économique de 2027.
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